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Energie climat air

Transition énergétique : les priorités des services de l’État et de l’ADEME pour 2020

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publié le 27 juillet 2020

Avec ses 12,2 millions d’habitants, ses 5,7 millions de logements et ses 15 millions de déplacements quotidiens en voiture ou 2-roues motorisés, l’Île-de-France est un territoire où l’enjeu de la transition énergétique est majeur.
Pour parvenir à opérer une transition énergétique vers un mode de vie plus sobre en dépenses énergétiques et plus durable, il faut agir sur deux grands secteurs, responsables de 87 % des consommations d’énergie de la région :

  • le bâtiment ;
  • les déplacements.

Agir cela signifie travailler selon deux axes :

  • réduire les dépenses énergétiques : rendre moins énergivore tout ce qui peut l’être, les bâtiments comme les déplacements ;
  • « verdir » les énergies utilisées : avoir recours à des énergies renouvelables, en particulier pour le chauffage urbain.

Autour de ces deux axes et pour accélérer cette transition en accompagnant au mieux les territoires, les acteurs en charge de ces politiques pour l’État (Préfecture de région, DRIEE, DRIEA, DRIHL, DRIAAF, ADEME, DDT) ont décidé d’élaborer une feuille de route et de définir une série d’actions à conduire en 2020.

Voici les priorités d’action définies pour 2020 par les services de l’État et l’ADEME en Île-de-France.

Rénovation énergétique

Avec 450 millions de m² de bâtiments et seulement 1 % du parc renouvelé chaque année, seule la rénovation des bâtiments peut permettre de diminuer les émissions de gaz à effet de serre de ce secteur, ainsi que la facture énergétique des ménages (5 milliards d’euros par an pour le chauffage des logements construits avant 1990). Quasiment tous les logements construits avant 1990 sont concernés.

Priorités d’action :

  • accompagner la rénovation de tous les segments du parc bâti (logements individuels, copropriétés, parc social, tertiaire,…) via des dispositifs adaptés à leurs spécificités ;
  • faire de la rénovation énergétique un réflexe à chaque opportunité de travaux et aller vers une rénovation globale incluant l’isolation des murs ;
  • s’assurer de la qualité et de l’efficacité de la rénovation, notamment lors de la phase travaux.

Développement des énergies renouvelables et de récupération

1,12 million d’équivalent-logements sont déjà raccordés à des réseaux de chaleur alimentés par des énergies renouvelables et de récupération (chaleur fatale, géothermie, biomasse). En multipliant les raccordements aux réseaux existants, ainsi que par des extensions et la création de nouveaux réseaux, 2,5 millions d’équivalent-logements supplémentaires pourraient encore être raccordés. L’objectif est aussi d’accroître la part des ENR&R dans ces réseaux : l’Île-de-France bénéficie d’un potentiel exceptionnel pour ces ENR&R thermiques.
Le développement des autres ENR (méthanisation, énergies électriques solaire et éolienne…) doit également être encouragé.

Priorités d’action :

  • déployer et optimiser les réseaux de chaleur, et poursuivre leur verdissement en respectant la priorisation suivante : 1) chaleur fatale, 2) géothermies, 3) biomasse ;
  • développer la méthanisation en veillant à son impact environnemental ;
  • restreindre l’utilisation du bois énergie à des équipements de qualité et en l’absence d’autres solutions de chauffage décarboné, en raison de son impact négatif sur la qualité de l’air ;
  • concilier le développement du photovoltaïque avec les contraintes patrimoniales et impliquer les territoires dans le déploiement de l’éolien.

Transition énergétique des mobilités

En Île-de-France, plus d’un tiers des 43 millions de déplacements quotidiens se font en voiture ou en deux-roues motorisés. Le trafic routier représente 30 % des émissions de gaz à effet de serre de la région et est également source de pollution de l’air (NoX, particules fines). La réduction de l’empreinte de ce secteur passera entre autres par une optimisation des besoins en mobilité, des changements de comportement, des infrastructures adaptées ainsi que par la transition vers dés véhicules à faibles émissions.

Priorités d’action :

  • réduire et optimiser la circulation routière : développer l’usage des modes actifs (vélo, marche,…), accompagner les changements de pratiques (intermodalité, covoiturage,…) notamment par le développement d’infrastructures adaptées, intégrer pleinement la mobilité dans les problématiques d’aménagement ;
  • développer les véhicules à faibles émissions et mailler le territoire en stations et bornes de recharge ;
  • réduire l’impact du trafic routier sur la qualité de l’air, notamment via l’instauration des ZFE.

Neutralité carbone (hors énergie)

L’Île-de-France compte encore 80 % de son territoire non urbanisé, mais qui se réduit chaque année de près de 600 ha. Pour renforcer les puits de carbone que sont les espaces forestiers et agricoles, il faut préserver ce territoire avec un objectif de zéro artificialisation nette. La neutralité carbone passera également par le développement de la bioéconomie.

Priorités d’action :

  • déployer des mécanismes fiables et sérieux de compensation carbone (actions de sensibilisation, soutien financier) ;
  • aller vers une économie décarbonée, notamment en encourageant l’usage des produits bas carbone dans les domaines de l’alimentation et de la construction.

Accompagnement des territoires

L’État et la Région ont adopté en 2012 le schéma régional climat air énergie (SRCAE), que 59 collectivités franciliennes (EPCI, EPT) doivent décliner dans des plans climat air énergie territoriaux (PCAET). En juillet 2020, 8 de ces PCAET sont adoptés. Les services de l’État et l’ADEME s’engagent à renforcer l’accompagnement des collectivités pour l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de ces plans, en particulier dans le cadre des communautés départementales de la transition énergétique (CDTE). Plus largement, le soutien de l’État passe par un appui réglementaire, technique et financier (notamment via les appels à projets de l’ADEME et de la commission de régulation de l’énergie) aux acteurs franciliens pour leurs projets en faveur de la transition énergétique.

Priorités d’action :

  • mobiliser les territoires : améliorer la diffusion des enjeux régionaux, mettre en relation les acteurs de la transition énergétique, valoriser leurs retours d’expérience ;
  • faciliter l’accès aux données énergétiques ;
  • rendre plus lisible l’offre de financement.

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