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Nature et paysage
 

Sites classés

 
 

Un exemple de classement : la butte de Doue en Seine-et-Marne

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publié le 7 septembre 2018

La butte de Doue, qui surplombe le plateau de la Brie des étangs, au Nord de la Seine et Marne, est un site au paysage pittoresque, protégé par la Loi de 1930.
C’est pour le moment un site inscrit. Cette inscription correspond au premier degré de protection des paysages. Mais, la Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie d’ïle-de-France a proposé de renforcer cette protection en délimitant sur ce territoire un site classé.

Une étude a donc été commandée afin de faire ressortir le potentiel paysager de la butte de Doue, et d’asseoir l’argumentaire en faveur du renforcement de sa protection. Cette étude a abouti à un état des lieux qui met en évidence la dynamique du paysage et les facteurs de cette évolution, les points noirs paysagers, les enjeux paysagers de ce site, un périmètre de protection cohérent. Cette étude donne également des préconisations de gestion de ce site, tant du point de vue de la construction, des aménagements ou des activités agricoles.

A l’issue de cette étude paysagère, démarre une phase de concertation locale finalisée par une enquête publique sur la base du périmètre de protection proposé. La procédure passe ensuite au niveau central avec les consultations de la commission supérieure des sites perspectives et paysages (CSSPP), puis du Conseil d’État pour la décision finale par décret.

Téléchargez :

Les sites classés en Île-de-France

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publié le 31 mars 2017 (modifié le 11 octobre 2018)

En 2016, l’Île-de-France comportait 252 sites classés. Lors de leur classement, certains sites ont pu en recouvrir d’autres plus petits, ce qui porte en réalité le nombre total des sites ayant été classés en Île-de-France à 258. La superficie classée représente un peu plus de 96.000 ha, soit 8 % de la surface régionale.

On note une évolution de la typologie des sites classés dans le temps. Si à l’origine, les sites classés, portaient sur de petites entités, (arbres isolés, îles, ensembles bâtis ou monumentaux, rochers pittoresques, etc.), à partir de la fin des années 70, les classements portent davantage sur des sites de grande taille englobant plusieurs communes. Ces sites correspondent à de vastes entités paysagères de plusieurs milliers d’hectares :

Vallées : Orvanne (77), Loing (77), Epte (95), Juine (91), Aulne (78), vallée de Chevreuse (78), vallée de Chauvry (95), Essonne (91), Renarde (91), vallées de l’Ysieux et de la Thève (95), Grand-Morin (77) ;
Ensembles géographiques : Falaises de la Roche-Guyon et Forêt de Moisson (78), Buttes de Rosnes, Marines et Epiais (95) ;
Forêts : Bois de la Commanderie (77), Forêt de Fontainebleau (77).

Visualisez les sites d’Île-de-France sur une carte interactive
et télécharger les fiches qui décrivent les sites classés et inscrits (motivation de la protection) en cliquant sur l’icône " i = interroger les couches " puis sur le territoire désiré.


Réaliser des travaux, modifier l’aspect ou l’état d’un site classé
L’article L.341-10 du code de l’environnement indique que "… les sites classés ne peuvent… être modifiés dans leur état ou leur aspect sauf autorisation spéciale". Ces autorisations relèvent de deux niveaux, préfectoral ou ministérielle, selon l’enjeu des modifications projetées, appréciée à l’aune des catégories d’autorisation. Ainsi par exemple, les permis de construire ou permis d’aménager relèveront systématiquement d’une autorisation ministérielle, tandis que les simples déclarations de travaux relèveront généralement d’une autorisation préfectorale. L’ensemble des catégories de projets et d’autorisations est présenté dans les fiches techniques que vous pouvez télécharger librement.

Mettre en valeur et signaler un site classé


Chaque site a été classé dans un objectif précis de préservation de ce patrimoine paysager. L’arrêté ministériel ou le décret mentionne les critères de classement retenus. Au-delà de ces critères, le dossier de classement ou le rapport de l’inspection générale des sites auprès du Conseil d’État (si décret) contiennent tous les éléments permettant d’identifier les éléments patrimoniaux à maintenir et à préserver. Toutefois, l’ancienneté du site, l’évolution naturelle de son paysage… peuvent nécessiter l’élaboration d’orientations pour accompagner l’évolution du site et le maintien de la qualité patrimoniale de son paysage. L’élaboration de ces orientations (appelées Orientations paysagère et patrimoniale de gestion, Schéma directeur, etc. ) est soutenue par l’inspection régionale des sites de la DRIEE.

Par ailleurs, la mise en valeur d’un site classé passe notamment par son signalement, permettant d’informer les usagers de sa présence, et ainsi de participer à sa valorisation. L’arrêté du 24 novembre 1967 modifié et l’instruction ministérielle sur la signalisation routière du 22 octobre 1963 modifiée, pris en application du code de la route, prévoient un idéogramme de type ID (ID16b) pour signaler les sites classés. Les demandes de panneaux de signalisation routière d’un site classé faisant figurer l’idéogramme dédié, doivent être réalisées auprès du gestionnaire de la voirie concernée, qui peut être l’État (cas des routes nationales et des autoroutes), le Conseil départemental (routes départementales) ou la commune (voies communales).

Le site classé de la forêt domaniale de Fontainebleau

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publié le 28 janvier 2019

Un massif forestier qui s’étend de Melun à Nemours, s’appuyant sur les sinuosités de la Seine puis du Loing

Situé à une soixantaine de kilomètres au sud de Paris, le massif de Fontainebleau, s’étend sur 25 000 ha entre les Vallées de la Seine, du Loing et de l’École, dans la région du Gâtinais. Il est composé de la forêt domaniale historique, issue de l’ancienne forêt de Bière, située essentiellement sur la commune de Fontainebleau, ainsi que des forêts domaniales des Trois Pignons à l’Ouest, et de La Commanderie au Sud. Ces forêts domaniales sont publiques et gérées par l’ONF. Au total, ce sont une vingtaine de communes qui sont concernées par le massif, sur les départements de la Seine-et-Marne et de l’Essonne.

Une mosaïque de paysages forestiers parsemés de chaos rocheux et de plaines


… grâce à un socle géologique composé de sédiments marins calcaires et sableux, dont la résistance à l’érosion est très variable …

… la forêt occupe une plaine forestière où émergent des reliefs de monts et de buttes, et notamment, comme l’illustre la carte ci-contre, les alignements orientés Est Ouest de chaos de grès, de gorges et de platières, qui ont fait la renommée du massif….
La toponymie témoigne de ces reliefs, avec les gorges de Franchard, d’Apremont, ou la Malmontagne, la Grande Montagne …Les points de vue que l’on a du haut de ces buttes, révélant la valeur pittoresque du massif, ont inspiré les peintres de l’école de Barbizon.

Platières  : ce sont les plateaux gréseux résiduels qui témoignent de l’ancienne couche de grès qui recouvrait uniformément l’ensemble du secteur, avant que l’érosion éolienne n’en détruise la plus grande partie la moins résistante, laissant ces alignements de monts et de vallées, orientés Est-Sud-Est Ouest-Nord-Ouest. Ces platières lorsqu’elles ne sont pas fissurées accueillent des mares aux eaux noires.

Cette topographie et son couvert végétal génèrent un microclimat particulier de type continental ou montagnard aux amplitudes thermiques élevées, avec un froid persistant en hiver et une tendance caniculaire l’été. Ainsi sont réunis en un même lieu des paysages de type méditerranéen (comme des mers de sable), et des faciès montagnards. Dans ce domaine également, la toponymie est parlante : Plaine de Chanfroy, Vallée Chaude.

L’activité humaine a elle aussi modelé le paysage : différents modes de sylviculture qui ont produit les futaies cathédrales en plaine et les landes à pins sylvestre torturés sur les platières, la chasse royale qui a structuré le réseau de chemins et produit ses fameux carrefours en étoiles, l’exploitation de carrières de grès dont les pavés tapissent la capitale parisienne, de carrières de sable blanc dont la pureté attire les verriers de Murano, les aménagements jardinés des sentiers bleus par un passionné de la forêt au XIXème siècle, Claude-François Denecourt, l’usage révolu du pâturage, mais remis au goût du jour grâce à une convention de protection de la biodiversité ….
En bref, le site de Fontainebleau nous offre une véritable leçon de géographie en nous permettant de comprendre comment la nature et les usages que l’homme en a fait, ont façonné les paysages au cours des siècles.

Les sentiers bleus, ancêtres de nos GR
Claude François Denecourt, sergent de l’armée napoléonienne affecté à Fontainebleau, a créé dans la première moitié du XIXème siècle les premiers sentiers balisés de France, participant à la naissance du tourisme de la nature. Destinés à faire découvrir les chaos rocheux, ces sentiers quittent les routes forestières de fond de vallée pour serpenter entre les blocs de grès (dont certains évoquent des figures familières animales), et atteindre des points de vue sur l’étendue de la canopée bellifontaine. Pour aménager ces sentiers, il a notamment utilisé la technique d’agencement des débris de grès issus des nombreuses carrières locales, réalisant empierrements, emmarchements et bordures de pentes. Le résultat est un paysage à la fois sauvage et jardiné. Les forestiers de l’ONF, ainsi que les bénévoles de l’association des amis de la forêt de Fontainebleau qui assurent l’entretien du balisage, ont appris à mettre en œuvre ces techniques artisanales lorsque l’érosion oblige à les restaurer, ou à l’occasion de nouveaux aménagements. Les GR (sentiers de grande randonnée) qui traversent la forêt de Fontainebleau empruntent certains de ces sentiers bleus.

Des paysages protégés par la Loi du 2 mai 1930 :

C’est en forêt de Fontainebleau qu’est née la première mesure de protection de la nature et des paysages : en 1861, sont créées les premières « séries artistiques » par décret impérial, sous la pression des écrivains dont le chef de file est Victor Hugo, et des peintres de l’école de Barbizon. Ainsi, quelques centaines d’hectares de forêt sont exclus de l’exploitation pour vivre leur vie sans intervention humaine. En 1906 est votée la loi organisant la protection des sites et monuments naturels de caractère artistique, mais c’est la loi du 2 mai 1930 (format pdf - 222 ko - 28/01/2019) qui va compléter et parfaire celle de 1906 en créant le site classé et le site inscrit, et qui est toujours appliquée à l’heure actuelle, transcrite dans le code de l’environnement.

La décision de classer la forêt de Fontainebleau est prise en 1965, en réponse à la pression croissante de l’urbanisation, et notamment la construction de l’autoroute A6 qui traverse la forêt des Trois Pignons à l’Ouest et celle de La Commanderie au Sud.

Le classement conserve son intégrité, sa richesse et ses qualités paysagères à la forêt, tout en lui permettant d’évoluer : rénovation de l’hippodrome du Grand Parquet selon des exigences dignes de la qualité du lieu en 2010, requalification du carrefour de l’Obélisque en 2017, mais également réaménagement d’aires de stationnement afin de contenir et adapter au mieux la fréquentation de la forêt.

« Montez dans le train en gare de Lyon, et descendez en pleine forêt … »

Le site est très accessible par les transports en commun, puisque ce sont près d’une dizaine de gares qui desservent du Nord au Sud la forêt : Melun, Bois le Roi, le fameux arrêt de la forêt (les samedi et dimanche matin) qui vous dépose en pleine nature, Fontainebleau-Avon, Thomery, Moret-Veneux les Sablons, Montigny, Bourron Marlotte Grez, enfin Nemours !
Ces multiples gares permettent à tous les publics, à pied ou a vélo, de composer tous types d’itinéraires.

Un site qui offre une multitude d’intérêts et d’activités

… naturalistes : de la découverte de la nature et des paysages dont bénéficient écoliers et promeneurs, aux recherches scientifiques menées par de nombreux étudiants et chercheurs qui font du massif leur objet d’étude,

… sportives : avec les randonneurs pédestres, les cyclistes, les adeptes de l’escalade, les cavaliers …

… ou historiques, grâce à une histoire : droits d’usage en forêt, pâturage et glanage, ancien domaine de chasse des rois de France, exploitation du grès et du sable, naissance d’un tourisme forestier grâce au chemin de fer et à Denecourt et ses sentiers bleus, …

Ces intérêts et activités s’adressent autant aux habitants de Fontainebleau et de ses environs, qu’aux Franciliens qui la fréquentent chaque semaine, et à un public national et international attiré par les sites de promenade, de varappe et le patrimoine historique.

Un territoire aux multiples enjeux d’intérêts local, régional, national et international

Cette forêt publique, par les aménités qu’elle offre, apporte un service rendu collectif dont la valeur financière n’est pas mesurable. Il s’agit bien d’un enjeu social et environnemental, que nous nous devons de protéger, en tant que citoyen lorsque nous la parcourons, et en tant que professionnel lorsque nous y menons nos missions.

De ces enjeux découlent les objectifs de gestion de la forêt de Fontainebleau

  • protéger la multiplicité et la spécificité de ses paysages contre une banalisation (enrésinement des plaines, urbanisation, déchets …)
  • protéger sa biodiversité d’un appauvrissement lié à la pression humaine (urbanisation, circulation routière, déchets …) : le projet d’un passage à faune sur l’autoroute A6 permettra d’atténuer l’effet de coupure qu’elle provoque pour la circulation de la grande faune, et donc d’améliorer son espace de vie.
  • permettre de mener une exploitation forestière au sein de ce site exceptionnel, en adaptant les pratiques, car l’exploitation forestière garantit également un développement raisonné de cet espace.

Un lieu qui bénéficie de nombreuses reconnaissances et protections de son patrimoine paysager, historique et naturaliste

  • la qualité de la biodiversité est reconnue grâce au dispositif européen Natura 2000, et à ses plans de gestion adaptés
  • divers inventaires floristiques et faunistiques sont établis sur le massif (Zones Naturelles d’Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique – ZNIEFF),
  • des réserves biologiques, issues des anciennes réserves artistiques, garantissent des îlots de forêt vierge de toute intervention humaine,
  • le zonage « forêt de protection » garantit à la forêt son intégrité,
  • le label forêt d’exception de l’ONF a été attribué en premier à la forêt de Fontainebleau parmi une quinzaine à venir, ce qui témoigne de la qualité du patrimoine forestier et de sa gestion selon les principes de développement durable,
  • le château de Fontainebleau est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO depuis 1981, et une démarche d’extension à la forêt est en cours,
  • des sites inscrits complètent la protection du site classé,
  • enfin, ponctuellement, divers monuments historiques protègent par leurs abords la forêt elle-même.