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Sécheresse 2020 : quatre points clés pour comprendre

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publié le 20 juillet 2020 (modifié le 22 juillet 2020)
L’été 2020 n’échappe pas à la règle : on va évoquer, voir subir la sécheresse dans certains endroits. Mais c’est quoi exactement la sécheresse ? Pourquoi la Seine reste-t-elle toujours navigable à Paris ? Qui contrôle le débit dans les rivières et qui décide d’interdire le lavage des voitures ? Comment savoir ce qui se passe prés de chez moi ? Toutes les réponses se trouvent dans ce dossier.

  Pourquoi parle-t-on de sécheresse ou d’étiage ?

La sécheresse peut venir de deux facteurs : le manque de pluie, mais aussi une utilisation trop intensive de la ressource en eau. Elle peut concerner les eaux de surface, rivières et fleuves dont le débit baisse, mais aussi les eaux souterraines, nappe phréatique, dont le niveau diminue.
L’étiage est un phénomène naturel : chaque année, le plus souvent en fin d’été dans notre bassin, les cours d’eau connaissent une période de faibles débits dont l’amplitude est plus ou moins grande selon la quantité de pluie tombée. L’étiage des cours d’eau est donc normal.
Les nappes souterraines connaissent elles aussi des fluctuations liées à la variation des apports pluviométriques mais avec un temps de latence de plusieurs semaines, voire plusieurs années. En revanche, si la faiblesse des débits des cours d’eau (parfois jusqu’à l’assec, quand il n’y plus d’eau du tout dans le cours d’eau) et du niveau des nappes se généralise et s’accentue, elle devient problématique : on entre en période de sécheresse.

A retenir  : l’étiage c’est le niveau d’eau bas d’une rivière phénomène naturel de l’été. S’il est conjugué à un faible niveau des nappes souterraines alors on parle de sécheresse. Mais cette sécheresse peut avoir différents niveaux.
Pourquoi la Seine reste-t-elle toujours assez haute ?

L’effet de la sécheresse n’est pas vraiment perceptible sur le niveau des grands cours d’eau comme la Seine, même si son débit est bas. Ce sont surtout les affluents des grands cours d’eau qui pâtissent le plus de ces mois secs et chauds, en particulier les plus petits d’entre eux.
Les rivières Seine et Marne bénéficient du soutien des quatre grands lacs situés en amont (le lac d’Orient sur la Seine, le lac du Temple sur l’Aube, le lac du Der sur la Marne, et le lac de Pannecière sur l’Yonne), gérés par l’EPTB Seine Grands Lacs (voir le site dédié). L’un des rôles de ces Grands lacs, outre la limitation du risque d’inondation, c’est de soutenir le débit de ces cours d’eau en période d’étiage : remplis en hiver, ils sont progressivement vidés pendant la période d’étiage pour augmenter le débit en aval et ainsi éviter autant que possible les restrictions d’usage sur ces grands axes.

Les quatre lacs-réservoirs permettent de maintenir un débit suffisant : en été, 50 à 70 % du débit à Paris est issu de ce soutien d’étiage.

Voir l’article dédié sur ce site.

  Sécheresse : comment suit-on les débits et les niveaux d’eau ?

Tout au long de l’année, le suivi de l’ensemble des nappes et des cours d’eau fait l’objet d’un bulletin de situation hydrologique au niveau régional (mensuel) et à l’échelle du bassin Seine – Normandie (tous les deux mois).
Ces bulletins sont basés sur les mesures réparties dans toute la région sur les débits des rivières effectués par des stations hydrométriques, soit sur le niveau de piézomètres pour les nappes phréatiques. Ces mesures sont réalisées par l’unité « hydrométrie » de la DRIEE Île-de-France (voir la rubrique dédiée) pour les eaux de surface et par le BRGM (voir le site dédié) pour les eaux souterraines.

Un bulletin d’étiage toutes les deux semaines

Par ailleurs, pendant la période des basses eaux, la DRIEE Ile-de-France publie tous les quinze jours un bulletin de suivi de l’étiage. Ce suivi permet de contrôler l’état des ressources en eau comparé à des seuils de référence prédéfinis. C’est sur cette base, que l’on prend, si besoin, les mesures nécessaires de restriction des usages.

  • Les mesures des stations de référence sont alors mises à jour hebdomadairement sur la Banque nationale Hydro (voir le site dédié)

  Sécheresse : le rôle des préfets de département

En période de sécheresse, chaque département publie un arrêté préfectoral de limitation des usages de l’eau dès lors qu’il est nécessaire de réduire les prélèvements au vu des niveaux des nappes ou des débits des cours d’eau.
Pour connaitre l’état de sécheresse dans votre département, il faut consulter www.propluvia.fr. Là sont publiés tous les arrêtés pris dans chaque département.

L’objectif est de garantir les usages prioritaires de l’eau (en particulier l’alimentation en eau potable) et d’assurer la préservation des milieux aquatiques (débit « biologique » qui assure la survie de la faune et de la flore).

Il existe quatre niveaux d’action en fonction des débits dans les cours d’eau et des niveaux des nappes souterraines : 

  • vigilance  : le débit du cours d’eau ou le niveau de la nappe approche des valeurs telles qu’une prochaine aggravation de la situation pourrait rompre l’équilibre entre les ressources disponibles et l’ensemble des besoins en eau de l’homme et du milieu naturel.
    • Les préfectures communiquent auprès des habitants et des usagers pour les inciter à limiter les usages non obligatoires.
  • alerte : le débit du cours d’eau ou le niveau de la nappe atteint des valeurs telles que les ressources disponibles ne suffisent plus à satisfaire tous les besoins en eau de l’homme et du milieu naturel.
    • Les préfectures prennent des arrêtés pour limiter certains usages non prioritaires de l’eau comme par exemple, l’irrigation, le lavage des voitures, le lavage des trottoirs, le remplissage des piscines, l’arrosage des espaces verts, etc.
  • alerte renforcée : le débit du cours d’eau ou le niveau de la nappe atteint des valeurs si basses que tous les usages non-essentiels ou non-prioritaires doivent être restreints au profit des usages les plus importants, dont l’alimentation en eau potable. Les limitations sur les usages susvisés sont renforcées. Ils peuvent être interdits.
  • crise : le cours d’eau ou le niveau de la nappe un état de tarissement tel que le milieu naturel est menacé de dommages importants. Seuls l’alimentation en eau potable et le respect de la vie biologique restent prioritaires. Les usagers doivent réduire ou suspendre tous les usages non essentiels.
    Toutes ces mesures sont prises sur des zones et pour des périodes déterminées.

En cas de canicule (épisode de températures élevées pendant plusieurs jours consécutifs, de jour comme de nuit), des dérogations sont possibles concernant des arrêtés préfectoraux qui prévoyaient des interdictions d’utilisation des brumisateurs et dispositifs de rafraîchissement urbain.

Avant une éventuelle crise, tous les acteurs s’accordent sur les mesures à prendre en cas de sécheresse avérée. Ces mesures sont détaillées dans les arrêtés-cadres départementaux (ou interdépartemental pour Paris – proche couronne). Ces arrêtés cadres définissent, par zone d’alerte, des seuils de débits (rivières) ou de niveau (nappes), à partir desquels des mesures de restrictions des usages de l’eau sont prises, ainsi que la nature de ces mesures.

Une cohérence globale entre les mesures départementales est assurée via l’arrêté-cadre de bassin signé par le Préfet coordonnateur du bassin Seine – Normandie. L’arrêté cadre du bassin en vigueur date du 13 avril 2015 pour les cours d’eau et nappes alluviales d’accompagnement, en ligne sur le site de la DRIEE

   Sécheresse et eau potable en Île-de-France

En cas de sécheresse, l’alimentation en eau potable des Franciliens est la priorité.

Il existe deux sources principales pour l’alimentation en eau potable de l’agglomération parisienne :

  • les cours d’eau principaux  : Oise, Seine et Marne. La Marne et la Seine bénéficient d’un soutien artificiel des étiages grâce à l’action des 4 grands lacs réservoirs.
  • les eaux souterraines, captées hors de la zone agglomérée parisienne. Lors de périodes de basses eaux, ce sont les nappes souterraines qui soutiennent majoritairement le débit des cours d’eau. La recharge de ces nappes dépend du cumul des précipitations des mois ou, souvent, des années antérieurs.
    Paris est en outre alimentée par aqueducs depuis des sources en partie situées dans des départements limitrophes de l’Île-de-France.
    La diversification des sources d’alimentation en eau permet de limiter les difficultés en cas de sécheresse.

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