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Eau et milieux aquatiques
 

Micropolluants

 
 

Mieux surveiller les micropolluants pour les réduire à la source

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publié le 19 janvier 2015 (modifié le 25 juillet 2017)

Les micropolluants sont des substances susceptibles d’engendrer des effets indésirables sur les organismes vivants même à très faible teneur, de l’ordre du microgramme par litre, voire du nanogramme par litre. Ces effets néfastes à plus ou moins long terme vont des altérations temporaires des fonctions biologiques à la mort des individus, sans oublier les effets pouvant perturber les dynamiques de populations.

Partant du constat de contamination des milieux aquatiques par les micropolluants, et conscient des enjeux sanitaires et environnementaux, le ministère en charge de l’environnement a présenté au conseil des ministres du 13 octobre 2010 une communication relative à la réactualisation du plan national d’action contre la pollution des milieux aquatiques (PNAR) publié par l’arrêté du 30 juin 2005. Un plan national d’action a été engagé pour la période 2010-2013 contre la pollution des milieux aquatiques par les micropolluants.

Voir le site du ministère : https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/lutte-contre-pollutions-leau

Ce plan présente trois axes :
améliorer les programmes de surveillance des milieux et des rejets, pour assurer la fiabilité et la comparabilité des données,
réduire les émissions des micropolluants les plus préoccupants, en agissant à la source sur les secteurs d’activité les plus contributeurs, et les milieux les plus dégradés, pour atteindre les objectifs de la directive cadre sur l’eau (DCE) qui impose aux Etats membres le bon état des eaux d’ici 2015, et la réduction, voire la suppression des émissions et pertes de substances prioritaires d’ici 2021,
renforcer la veille prospective relative aux contaminations émergentes.

Les résultats du suivi des micropolluants

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publié le 19 janvier 2015

Dans le cadre du plan national, un programme de suivi des micropolluants dans les eaux résiduaires, domestiques ou industrielles rejetées dans le milieu naturel a été mis en oeuvre.
Le document " La surveillance des micropolluants dans les rejets (format pdf - 6.2 Mo - 25/04/2013) " présente les résultats de ce suivi sur les eaux superficielles d’Ile-de-France.

Après un rappel de l’historique du plan national d’action et de sa mise en œuvre, le document présente, à l’échelle régionale, les résultats des suivis micropolluants :
- dans les rejets d’installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) et de stations d’épuration,
- dans les eaux superficielles.

En Ile-de-France, sur 120 exploitants industriels ayant réalisé leurs campagnes initiales en 2010, une surveillance pérenne a été mise en place sur 50 sites, soit près de 42% des sites concernés. Les substances concernées par les surveillances pérennes sont pour l’essentiel les phtalates (DEHP), certains métaux - nickel, cuivre et zinc - et les nonylphénols.
Pour les STEU, les résultats sont issus de la surveillance exploratoire initiée fin 2011 sur l’ensemble des stations supérieures à 100 000 Eh rejetant dans le bassin Seine-Normandie (soit 25 stations). 25 substances ont été retrouvées dans au minimum 10% des échantillons selon la répartition suivante en terme de flux :

  • l’essentiel des métaux sont rejetés à des flux importants, variant de la centaine à plusieurs dizaines de milliers de kg/an,
  • les substances organiques tels que les phtalates, les solvants chlorés, les hydrocarbures aromatiques polycyclique (HAP) et les nonylphénols ont des flux plus faibles, de l’ordre de la dizaine à la centaine de kg/an,
  • les pesticides cumulent rarement la dizaine de kg/an sur le bassin, à l’exception du 2,4 D, de l’atrazine et du diuron, malgré l’interdiction de ces 2 dernières molécules depuis 2003 et 2008



Parmi les 25 substances retrouvées, 6 sont des substances prioritaires de l’état chimique et 5 correspondent aux polluants spécifiques de l’état écologique.

Dans les eaux de surface d’Ile-de-France, le document établit le constat d’une contamination chimique importante. La plupart des eaux de surface d’Ile-de-France sont dégradées par les métaux (cuivre et zinc notamment), certains herbicides et principalement par les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), composés résultant notamment des processus de combustion du carbone (chauffage, transport, etc.). Le suivi qualitatif des stations du réseau de surveillance DCE confirme cette tendance entre 2008 et 2011 et atteste de la contamination par les HAP, le cuivre, le zinc, les phtalates (DEHP) et le tributylétain cation.