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Eau et milieux aquatiques

Les risques d’inondation en ville sont-ils aggravés par les techniques alternatives ?

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publié le 25 mars 2019
Ce qu’il faut retenir :
Sur le principe, cette solution est a priori bien meilleure que la gestion traditionnelle par réseau qui concentre tous les débits, et donc les volumes, très importants d’eau dans les points bas des villes qui sont souvent leurs centres historiques. Ces débits et volumes deviennent très rapidement ingérables.
Ce problème concerne principalement la collectivité qui peut imposer aux aménageurs de stocker la totalité des volumes excédentaires produits sur leur parcelle. Dans le cas où elle accepte qu’une partie du volume excédentaire produit se retrouve sur le domaine public, ce qu’elle fait dans la majorité des cas, elle doit s’assurer que ces volumes soient dirigés vers des zones sans enjeux où ils pourront être stockés.
Ceci implique de raisonner à une échelle plus large (celle du bassin versant) et de mettre en place un réseau majeur d’évacuation des eaux pluviales (parcours de moindre dommage).

Les porteurs de projets d’aménagement doivent participer à l’effort de gestion à la source en gérant le maximum à la parcelle, et en se rapprochant de la collectivité compétente en assainissement ainsi que de celle ayant la compétence GEMAPI, pour anticiper la situation en cas de pluies exceptionnelles.
Pour rappel, la collectivité n’a aucune obligation de collecter les eaux pluviales. Pour en savoir plus

Pour aller plus loin

Le stockage et l’infiltration locale des eaux de pluie à proximité immédiate des bâtiments ou des espaces extérieurs imperméables ne posent pas de difficulté particulière pour les pluies les plus courantes (même les pluies fortes). En revanche il est toujours possible que, lors des événements exceptionnels extrêmes, le système dysfonctionne car ces dimensions sont trop faibles et génèrent des débits d’eau importants qui vont aggraver les risques d’inondation à l’aval.

En effet, si la crainte d’une aggravation des inondations due au dysfonctionnement des techniques alternatives en cas d’événement pluvieux très intense est fortement exagérée, il subsiste cependant le risque que le volume excédentaire d’eau, ne pouvant être absorbé par les techniques alternatives, se mélange au ruissellement direct et s’écoule par le réseau de surface ou par les voiries pour provoquer des désordres à l’aval.

Pour maîtriser ce risque, il est indispensable de maîtriser les écoulements depuis l’échelle locale jusqu’à celle de la ville, y compris pour des situations catastrophiques. Deux précautions complémentaires doivent être prises :

  • Conserver dans la mesure du possible l’eau excédentaire sur la parcelle en la confinant dans des espaces sans enjeux (pelouses et parkings de surface) - Consulter la question : « Peut-il y avoir des dysfonctionnements locaux en cas de fortes pluies avec des techniques alternatives ? ») ;
  • Si la collectivité accepte sur le domaine public une partie de l’eau qui ne peut pas être gérée localement, elle doit s’assurer que celle-ci s’écoule et s’accumule vers un espace où elle ne va causer que des désordres mineurs (pelouse, parking, square, etc.). Cette réflexion sur le réseau majeur d’évacuation des eaux (comment se font les écoulements lorsque le réseau normal est saturé) devrait d’ailleurs être à la base de toutes les études de risque d’inondation pluviale, que l’on utilise une solution classique par tuyau ou que l’on utilise une solution alternative.