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La prévention des inondations en Ile-de-France

 
 

La prévention des inondations en Ile-de-France

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publié le 24 mai 2017 (modifié le 24 juillet 2017)

L’Ile-de-France est une région inondable :

  • 3,2 millions de Franciliens seraient impactés par une crue de type 1910 et 900 000 personnes vivent en zone inondable ;
  • 94 % des zones inondables franciliennes sont urbanisées ;
  • une crue de type 1910 coûterait 17 milliards d’euros selon l’OCDE ;
  • la crue de mai juin 2016 a coûté selon les assureurs 1,5 milliard d’euro. Elle n’était centennale que sur le Loing.

crédit photo : Arnaud Bouissou-Terra

Après les crues et les inondations de mai-juin 2016, tout le monde se demande si elles pourraient avoir lieu à nouveau. La réponse est oui. Pour autant, les crues de mai-juin 2016 ont permis de faire avancer des projets, de faciliter la prise de décision et surtout de faire prendre conscience de la vulnérabilité de la région Ile-de-France face à ce risque.

Comment réduire la vulnérabilité aux inondations

Face aux inondations, comme face à tous les risques naturels, il n’est pas question de les éliminer, mais de réduire leur impact.
Pour cela, la DRIEE côté État, et tous les acteurs, travaillent dans trois domaines ;

  • la réduction de l’aléa : il s’agit de faire en sorte que le niveau de l’eau monte le moins possible. Cela passe par la construction et l’entretien des ouvrages, comme les digues ou les murettes. Des ouvrages contrôlés par l’État mais sous la responsabilité des collectivités. Cela passe aussi par ce que l’on nomme l’hydraulique douce, c’est à dire laisser à l’eau sa capacité à déborder et à trouver sa place naturellement. Cela signifie lutter contre l’imperméabilisation des sols, sauvegarder de zones d’expansion des crues (rétention naturelle), ou encore préserver des zones humides. La zone de la Bassée dans le sud de la Seine et Marne est l’une des dernières zone d’expansion majeure en Ile de France.
  • la réduction de la vulnérabilité : il s’agit là de réduire au maximum les dégâts potentiels des inondations. Concrètement, et c’est une difficulté majeure dans une région en expansion, il faut tenter de maîtriser l’urbanisation avec l’édiction de règles d ‘urbanisme pour construire un immeuble ou un bâtiment en zone inondable. Les zones inondables en Île-de-France sont dotées de [Plans de prévention des risques inondation (PPRI), qui disent là où il est possible de construire ou pas, et plus généralement imposent des dispositions constructives permettant de réduire la vulnérabilité du bâti en zone inondable. Il en existe 27 en Île-de-France. L’autre solution consiste à construire des quartiers résilients, qui vivent avec l’inondation : passerelle pour accéder aux habitations, absence de construction en rez-de-chaussée… Pour en savoir plus : notre rubrique sur les PPRI.
  • la gestion de la crise  : quand l’inondation est là, le rôle des maires et de l’État est de gérer la crise pour mettre les personnes à l’abri. La DRIEE a en charge la prévision des crues, Des référents départementaux inondations (RDI) sont en charge de conseiller les préfets. La plupart d’entre eux sont des agents de la DRIEE ou des DDT, spécialiste de la prévention des risques. Dans chaque commune située en zone inondable il existe un plan communal de sauvegarde.

Ce qui a changé depuis mai-juin 2016

  • Dans la réduction des aléas : Les travaux sur la réfection de la vanne secteur de Joinville-le-Pont ont été engagés pour un budget de 3 M€. En cas de crue importante de la Marne, l’abaissement de cette vanne permet de gagner plusieurs dizaines de centimètres sur l’amont Marne de la confluence Seine/Marne. 5,5 M€ seront consacrés au prolongement de la digue de Sartrouville sur la commune de Montesson. Tous ces travaux sont financés dans le cadre du programme d’actions pour la prévention des inondations (PAPI) signé entre l’État et les collectivités pour 2017-2020. Il comporte un programme d’actions de 85 millions d’euros au total.
  • Dans la réduction de la vulnérabilité : On estime que plus de 12 millions de m² SHON de nouveaux logements, équipements publics sont programmés en zones d’aléas des PPRI pour les 10 prochaines années. Bâtir des quartiers résilients n’est pas encore un réflexe pour les aménageurs construisant en zone inondable constructible, alors que s’adapter au risque du fleuve est essentiel, malgré des initiatives pilotes (quartier des Ardoines porté par l’EPA ORSA). La DRIEE a concentré son effort sur les nouveaux logements et la rénovation urbaine en élaborant une charte « quartiers résilients » avec les aménageurs et les services compétents au niveau régional. L’objectif étant que tous les grands aménageurs franciliens s’engagent à respecter les principes décrits dans la charte « concevoir des quartiers résilients ».
  • Dans la gestion de la crise :
    • une meilleure prévision des crues.
    • la mise place des bulletins d’alerte Vigicrues flash pour les communes, permettant de disposer d’alertes sur la base des précipitations constatées pour des cours d’eau non surveillés par le réseau Vigicrues, qui se concentre sur les plus importantes rivières.
    • l’identification les réseaux vulnérables : l’une des difficultés en cas de crue c’est de savoir quels réseaux de transports, d’assainissement ou électriques vont être touchés. Après la crue de mai-juin 2016, Enedis a ainsi engagé des investissements qui permettront de préserver son patrimoine (postes sources) en cas de crue ; en revanche cela n’empêchera pas les coupures dans la zone inondée dans la mesure où il est nécessaire de couper les installations électriques pour éviter les électrocutions. Ces investissements permettront en revanche, à l’horizon 2025, de sécuriser l’approvisionnement de 90 % des clients coupés non inondés dans un scénario centennal. L’action de la DRIEE sur cette thématique est en deux volets : la réalisation de PPCI (plans de prévention contre les inondations) sur Paris par ces opérateurs et la signature de la déclaration d’intention par laquelle les gestionnaires se sont engagés à réduire la vulnérabilité de leurs réseaux. Les PPCI de la RATP, ENEDIS et la CPCU (compagnie parisienne du chauffage urbain) ont été réalisés.