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Eau et milieux aquatiques

La fonction hydraulique des techniques alternatives se dégrade-t-elle rapidement faute d’entretien ?

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publié le 25 mars 2019
Ce qu’il faut retenir :
Dans le cas d’ouvrages installés sur le domaine privé, il est indispensable que le propriétaire ou le gestionnaire mette en œuvre les moyens adéquats d’entretien. Ceci ne pose généralement aucune difficulté pour une maison individuelle : l’entretien s’apparente généralement à celui d’un jardin ou espace vert traditionnel, ou à celui d’une fosse septique pour les ouvrages techniques. Le risque peut être plus grand dans le cas de copropriétés.

Il existe deux façons efficaces de s’en prémunir. Soit en mettant en œuvre des solutions qui ne réclament que très peu d’entretien (l’outil PARAPLUIE propose une note évaluant cette difficulté), soit en utilisant des solutions pour lesquelles on sait que l’on pourra trouver un gestionnaire pertinent et pérenne. Le système d’aide au choix de PARAPLUIE tient compte de cette contrainte dans les propositions qu’il élabore.
Dans tous les cas, il est important de comprendre que les opérations d’entretien sont normales et qu’elles doivent être prévues et budgétées dès la mise en œuvre du projet. Pour en savoir plus sur l’outil PARAPLUIE, consultez la page "outils"

Pour aller plus loin

Le caractère multi-usages de beaucoup de techniques alternatives, leur statut souvent très variable (public, privé collectif, privé individuel), leur diversité (ouvrages de surface ou souterrain, végétalisé ou non, etc.) renforcent les craintes sur la capacité à les entretenir et à garantir leur fonctionnement sur la durée, en particulier en ce qui concerne leur fonction hydraulique. Les éléments les plus souvent évoqués sont la présence de macro-déchets, les pertes de fonctionnalités et le colmatage.

Le constat de départ est parfaitement fondé. Il existe un très grand de types d’ouvrages et de statuts possibles pour les techniques alternatives. Cette diversité peut parfois constituer un frein très sérieux à un entretien efficace.

Il existe cependant des outils pour limiter leur dégradation :

  • Tout d’abord certains ouvrages n’ont besoin que d’un entretien limité, voire ne nécessitent aucun entretien du tout. Il existe des noues, des fossés, des tranchées d’infiltration ou des puits d’infiltration qui fonctionnent de façon tout à fait satisfaisante plusieurs dizaines d’années après leur mise en service sans avoir jamais été entretenus, à condition que leur conception l’ait prévu ;
  • La plupart des ouvrages nécessitent cependant un entretien « courant » du même type que celui de n’importe quel espace vert, avec pas ou très peu d’entretien spécifique pour entretenir la fonction hydraulique ;
  • La qualité de la conception constitue un élément essentiel, avec en particulier la prise en compte et l’élimination, à réfléchir le plus tôt possible, des facteurs susceptibles d’altérer le fonctionnement des ouvrages ;
  • Il est également nécessaire d’anticiper dès les phases de conception qui assurera l’entretien et l’exploitation des espaces (ce qui nécessite souvent d’identifier leur fonction principale). Une solution dont on sait qu’elle réclame un entretien régulier et pour laquelle on est incapable de proposer un gestionnaire crédible ne doit pas être utilisée. La solution la plus efficace consiste à faire en sorte que ce soit les usages autres que la gestion des eaux pluviales qui justifient l’entretien.
  • Il existe une règle pratique simple qui encourage le gestionnaire théorique à agir. En cas de dysfonctionnement, la personne ou l’organisme en charge de l’entretien doit être la première à souffrir des conséquences de ce dysfonctionnement.
  • La collectivité peut assurer le contrôle de la qualité de fonctionnement, même pour les ouvrages situés sur le domaine privé en utilisant une démarche voisine de celle des SPANC (service public d’assainissement non-collectif).

Enfin, il est important de distinguer l’entretien usuel et régulier (nettoyage, tonte, etc.) et les opérations plus rares de maintenance lourde (par exemple décolmatage du revêtement) qui peuvent faire l’objet d’un financement et d’une pratique différenciés.