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Eau et milieux aquatiques

Existe-t-il un vrai risque de colmatage des ouvrages d’infiltration ?

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publié le 25 mars 2019
Ce qu’il faut retenir :
Le colmatage possible des couches de surface des ouvrages est un risque réel à prendre en compte. Une bonne conception des ouvrages associée à la mise en place de règles de suivi et d’exploitation permet cependant de le contrôler avec efficacité.
La phase chantier devra faire l’objet d’une attention particulière pour éviter de tasser les sols voués à être infiltrants.

Enfin, des études montrent que cette problématique de colmatage est souvent liée à des sols peu vivants. En évitant les phytosanitaires et les produits toxiques, en assurant l’infiltration des petites pluies, ces sols se retrouvent souvent humides, permettant alors le développement d’animaux souterrains ainsi que des racines des végétaux, qui vont augmenter la perméabilité des premières couches de sols.

Pour aller plus loin

L’accumulation de matières due à des arrivées d’eau de ruissellement chargée en particules, mais aussi à d’autres apports naturels (poussières apportées par le vent, débris végétaux) ou anthropiques (détritus) risque de conduire peu à peu au colmatage de l’ouvrage (en particulier de sa couche de surface). La capacité d’infiltration de la surface se réduit progressivement et il peut arriver un moment où l’eau n’arrive plus à pénétrer dans l’ouvrage ; l’eau stagne longtemps en surface et induit des nuisances (moustiques par exemple).

Ce colmatage est la contrepartie obligatoire de l’efficacité des ouvrages à dépolluer les eaux. Les particules piégées sont en effet le support des contaminants et le fait qu’elles soient fixées près de la surface permet de ne pas les retrouver plus profondément dans le sol ou dans les nappes phréatiques. D’autres causes peuvent également jouer un rôle, comme le tassement de la couche de surface, par exemple lors du piétinement si elle est accessible au public.

Ce risque doit impérativement être pris en compte dès l’étape de conception. Les règles suivantes sont le plus souvent efficaces :

  • Prévoir un dispositif permettant à l’eau de se filtrer ou de décanter avant l’arrivée dans l’ouvrage, par exemple via une bande enherbée ;
  • Végétaliser l’ouvrage, le développement des racines permettant de maintenir une certaine perméabilité ;
  • Prendre des mesures pour éviter le piétinement ou le passage de véhicules sur l’ouvrage (la végétalisation constitue là aussi une bonne solution) ;
  • Nettoyer régulièrement l’ouvrage ;
  • Limiter le rapport surface contributive / surface d’infiltration à une valeur aussi faible que possible (si possible inférieure à 5) ;
  • Si le risque est vraiment très important, prévoir éventuellement des ouvrages annexes permettant d’introduire directement l’eau dans la masse de l’ouvrage.