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Eau et milieux aquatiques

Certains ouvrages ont-ils un coût important à cause de leur emprise foncière ?

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publié le 25 mars 2019
Ce qu’il faut retenir :
Pour que l’ouvrage fonctionne correctement, le ratio surface contributive/surface d’infiltration doit être faible. Pour certains ouvrages (bassins, dépressions, noues, massifs), la surface d’infiltration est au plus égale à la surface de l’ouvrage. De ce fait la surface foncière consommée est importante ce qui entraîne un coût plus élevé pour ce type de solution. Cet argument est vrai si l’ouvrage a pour seule fonction la gestion des eaux pluviales.

Mais le surcoût dû à l’emprise foncière des ouvrages n’existe réellement que si les ouvrages utilisent un espace qui était initialement prévu pour la circulation ou le stationnement, ce qui implique d’agrandir l’emprise totale.
La solution consiste donc à utiliser, pour infiltrer les eaux de pluie, des espaces urbains qui sont déjà prévus pour d’autres fonctions (espaces verts en particulier). Dans ce cas les ouvrages s’avèrent généralement beaucoup plus économiques que les réseaux traditionnels.
Si aucun espace initialement prévu n’est adapté à cette fonction d’infiltration, parce qu’il n’y a pas suffisamment d’espace de pleine terre, il faut alors la coupler avec d’autres techniques (par exemple l’utilisation des eaux de pluie, la mise en place de revêtements poreux, etc.).

Pour aller plus loin

L’intérêt principal des solutions alternatives réside justement dans le caractère plurifonctionnel des espaces dédiés à la gestion des eaux pluviales. Les périodes de pluie ne représentent en fait qu’un pourcentage infime du temps, moins de 5% sur la plupart des régions de France métropolitaine. Ceci signifie que pendant 95% du temps la surface de l’ouvrage est disponible de façon exclusive pour une autre fonction.

Le plus simple est de les utiliser comme éléments du paysage urbain. Une noue peut être associée à une haie pour créer une trame verte, elle peut contenir une végétation intéressante du fait de la présence plus importante de l’eau. Le bassin ou la dépression peut être traité(e) en pelouse ou en espace de détente ou de jeux pour les enfants ; les deux peuvent jouer un rôle dans le développement de la biodiversité, etc.

La tendance actuelle consiste d’ailleurs à inverser complètement le point de vue. On ne s’interroge plus sur la meilleure autre fonction que l’on peut attribuer à un ouvrage de gestion des eaux pluviales, mais on se demande quelle est la meilleure façon d’utiliser les espaces urbains que l’on souhaite créer, pour les doter, en plus, d’une fonction de gestion des eaux pluviales.

Le surcoût pour adapter ces espaces à la gestion des eaux pluviales est alors bien inférieur à celui de la mise en place d’un réseau d’assainissement traditionnel.

Si aucune de ces fonctions ne présente de l’intérêt dans le cadre du projet, alors la solution consommant beaucoup d’espace de pleine terre n’est pas adaptée et ne doit pas être utilisée. D’autres solutions existent (revêtements poreux par exemple) qui évitent de consommer du foncier. Et il ne faut pas oublier que l’infiltration n’est qu’une des solutions existantes.