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Energie climat air

5- L’impact du chauffage au bois sur la qualité de l’air

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publié le 31 juillet 2019 (modifié le 23 septembre 2020)

  Le chauffage au bois émet des polluants dans l’atmosphère

Faire une flambée dans sa cheminée, c’est sympa … mais pas anodin pour l’air. En effet, le feu de cheminée émet d’importantes quantités de particules fines dans l’atmosphère. Pour limiter cette pollution, il faut si possible se doter d’un appareil performant qui consomme peu de bois et pollue moins, mais aussi brûler du bois sec et entretenir correctement son appareil. Des gestes simples expliqués dans la plaquette d’informations Je brûle malin (format pdf - 752.5 ko - 31/07/2019) éditée par les services de l’Etat et l’ADEME ! Des aides existent pour renouveler son équipement ancien et peu performant.



Les deux versants du chauffage au bois

Le chauffage au bois contribue moins au réchauffement climatique que d’autres sources d’énergie carbonée (fioul, gaz). Il est en effet considéré que le CO2 émis lors de la combustion du bois est capté par la croissance des arbres replantés. Le bilan carbone peut alors être neutre si la biomasse utilisée pour la combustion est gérée durablement et provient de gisements de proximité.

Le chauffage au bois génère cependant des polluants (particules fines, HAP, COV, ..) dont les quantités peuvent être importantes et dépendent de l’équipement utilisé, de la ressource utilisée et des conditions d’utilisation.



Le chauffage au bois représente la première source de particules fines en Ile-de-France.



Il est également le principal contributeur des émissions de HAP (44%) sur la région.

Le chauffage au bois est donc intéressant pour l’environnement dans des installations de combustion de taille importante pour un chauffage collectif. Ces installations disposent de systèmes de traitement des fumées (filtres à particules notamment), de systèmes de pilotage optimisant la combustion de la biomasse et sont régulièrement contrôlées. Les émissions de polluants sont ainsi limitées.

La combustion du bois en foyer ouvert (cheminée ouverte) ou dans des équipements anciens (avant 2002) est à éviter. Leur rendement est faible et ne vous permet pas de vous chauffer de façon optimale. La combustion ne se passe pas dans de bonnes conditions et génère beaucoup de suie et de particules fines. Les équipements labellisés Flamme Verte 7 étoiles sont à privilégier.
Des aides existent pour changer votre équipement : Connaître la prime du Fonds air bois.

Le chauffage d’agrément, c’est-à-dire la petite flambée pour le plaisir en hiver, contribue à polluer l’air de votre domicile et a un impact sur la santé. Il ne s’agit que d’une petite flambée de temps en temps. Cependant, selon un sondage BVA, 800 000 ménages franciliens ont un chauffage individuel au bois et 36 % d’entre eux l’utilisent pour le loisir. La multitude de ces flambées est une source importante de pollution atmosphérique en Ile-de-France.

Mieux connaître pour agir : scénarios d’actions pour réduire la pollution due au chauffage au bois

Les émissions de particules liées au chauffage au bois ont diminué de plus de 30% depuis 2005 grâce à la diminution de l’usage des cheminées à foyer ouvert et au remplacement des équipements anciens par des équipements plus performants labellisés flamme verte. Cependant, même les équipements de chauffage au bois individuel performants émettent plus de particules fines que les autres sources de chauffage individuel, hors charbon. L’effort engagé depuis 2005 par les professionnels de la filière, par les franciliens et les politiques menées doivent donc être poursuivis, voir renforcés pour atteindre un bon état de qualité de l’air en Ile-de-France.

AIRPARIF a mené une étude modélisant 3 scénarios théoriques de politique de réduction des émissions de particules fines liées au chauffage individuel au bois :

  • Le remplacement de tous les équipements de chauffage individuel d’avant 2002 utilisés comme chauffage principal. Cette mesure qui concernerait 30 000 logements en Ile-de-France, permettrait de réduire d’un quart les émissions de particules fines liées au chauffage principal individuel au bois, 8% des émissions de particules du chauffage au bois résidentiel et 2% des émissions totales de particules sur la région.
  • L’arrêt total de tous les équipements à foyer ouvert représentant 160 000 équipements. Ce scénario permettrait de réduire de 44% les émissions de particules du chauffage au bois résidentiel et de 13 % les émissions de particules en Ile-de-France, tous secteurs confondus.
  • L’arrêt de l’usage du chauffage au bois d’agrément, le feu de cheminée plaisir pouvant concerner environ 173 000 équipements. Ce scénario permettrait de réduire de 26 % les émissions de particules du chauffage au bois résidentiel et de 7 % les émissions de particules en Ile-de-France, tous secteurs confondus.
Pour plus d’information, vous pouvez consulter le rapport d’étude d’AIRPARIF :
rapport chauffage bois 17092020 (format pdf - 3 Mo - 23/09/2020)

  Les restrictions prévues par la réglementation

Attention ! L’ arrêté inter-préfectoral du 31 janvier 2018 (format pdf - 420.1 ko - 06/02/2018) approuvant la révision du PPA francilien fixe des conditions d’utilisation du chauffage au bois selon les secteurs géographiques et interdit certaines utilisation.

La liste des communes situées au sein de la zone sensible pour la qualité de l’air est annexée en annexe 1 de l’ arrêté inter-préfectoral du 31 janvier 2018 (format pdf - 420.1 ko - 06/02/2018) . La carte ci-dessous présente de manière schématique les communes concernées.

  Les aides pour changer son équipement polluant

Le fonds air bois permet aux particuliers de remplacer son équipement de chauffage au bois peu performant par un équipement moins polluant.

Le Conseil régional d’Ile-de-France et le département de l’Essonne ont mis en place un tel fonds sur l’ensemble de la région. La prime peut aller jusqu’à 2000 € (aide de la Région Île-de-France et de l’Ademe) pour remplacer un appareil indépendant de chauffage au bois de plus de 15 ans (poêle, insert ou foyer fermé de cheminée) qui sert déjà de chauffage principal. Les informations sont disponibles sur le site du Conseil régional : Connaître la prime du Fonds air bois.

  L’incitation au changement de comportement

Retour sur l’expérience de mise à disposition de micro-capteurs chez les particuliers menée avec des chercheurs de l’INSERM, de l’ENS et de Sciences Po


Près de 300 volontaires pour connaître la qualité de l’air dans leur domicile

Pendant toute la saison de chauffe 2019-2020, près de 300 ménages utilisateurs de chauffage individuel indépendant au bois (poêles, inserts, cheminées, …) ont participé à une expérimentation leur permettant de prendre conscience de l’impact de ce mode de chauffage sur la qualité de l’air à l’intérieur de leur domicile.

Un micro-capteur leur a été confié permettant de mesurer la concentration de particules fines dans leur pièce principale et des informations sur les conséquences sanitaires de la pollution aux particules fines et de la contribution du chauffage individuel indépendant au bois à ces effets sanitaires leur étaient régulièrement communiquées.

Une prise de conscience réelle des enjeux sanitaires liés au chauffage au bois

en grand format (nouvelle fenêtre) Cette expérimentation a entraîné une prise de conscience importante des risques sanitaires liés à ce mode de chauffage, identifié comme polluant l’air intérieur chez 79 % d’un groupe de participants contre 39 % avant l’expérience. La majorité d’entre eux ont déclaré avoir l’intention de réduire l’utilisation du chauffage au bois.

Cette intention s’est accompagnée d’un changement effectif des comportements chez les ménages qui, outre la campagne d’information, ont reçu régulièrement une courbe retraçant les niveaux d’expositions mesurés à leur domicile. Une réduction de 20 % du niveau moyen d’exposition aux particules fines a ainsi été observée entre le début de la campagne de chauffe et la fin de la campagne.

Vous pouvez consulter le rapport complet de l’expérimentation en cliquant sur le lien suivant : rapport final chauffage au bois driee ditp 0 (format pdf - 8.9 Mo - 10/07/2020)

Vers une généralisation de l’expérimentation ?

Une évolution des comportements pourrait être obtenue par des dispositifs de prêts de courte durée de capteurs de pollution qui informent en temps réel les ménages de leur niveau d’exposition – un profil correspondant à l’essentiel des capteurs destinés aux particuliers.